Caro de feu!

Life moves pretty fast, if you don’t stop and look around once in a while, you could miss it.

Caroline = 1 / Femme de 40 ans = 0 mars 24, 2008

Classé dans : Night's out, Single girl's life — carodefeu @ 9:02

**Ceci est un texte vintage, tiré d’un événement qui a eu lieu début décembre si je me souviens bien.  J’avais fait un brouillon de texte puis l’avait abandonné, car quelques jours après cette soirée avec Monsieur M, une mini-controverse a éclaté à son sujet, entre une copine et moi.  Je vous épargne les détails, mais ce ne fût pas très joli et notre amitié en a pris une claque (mais c’est réglé depuis, ne vous en faites pas).  Maintenant que la poussière est retombée et que ma relation avec Monsieur M fait partie du passé, j’ai le goût de vous faire partager cette petite tranche de vie croustillante!**

Samedi soir, après un souper bien arrosé à ma trattoria préférée, Il Piato Pieno - ou mieux connue sous le nom de Piano-Panier dans mon groupe d’amis - je suis sortie au Rouge rejoindre ce cher Monsieur M.  Oooooooh que ouiiiii.  Après plus d’un mois d’absence et de rendez-vous ratés, nous avons finalement réussi à nous retrouver à la même place, au même moment.  Enfin, un regain de croustillant dans ma vie!  C’est toujours bon de retrouver M; c’est le confort, la complicité, mais jamais la routine.  L’imprévu règne.  Avec lui, je ne sais jamais à quoi m’attendre et je pense que c’est une des raisons pour lesquelles mon désir est toujours aussi incontrôlable à son égard.  Mais enfin…

Il est tard, autour de 2h du matin, lorsque je le rejoins au bar.  En me faufilant dans la foule compacte, je l’aperçois enfin et comme à chaque fois, je me surprends à quel point il a le don de bien paraître sans trop en faire.  Bien sûr, il y a son charisme légendaire et son regard inimitable, mais en plus, M a le don de s’habiller de façon simple et de bon goût.  Jamais rien pour impressionner la galerie, mais tout de même efficace.  Jeans qui lui font des fesses d’enfer et chandail en fin lainage noir, manches longues, passé par dessus un t-shirt noir.  En plus, une barbe de deux jours.  Ouch.  À 35 ans bien sonnés, mais en paraissant facilement cinq de moins, M est littéralement le seul gars en haut de 30 ans qui me fasse autant d’effet. 

Un ami que je ne connais pas l’accompagne ce soir-là et, bien entendu, il y a quelques filles à gauche et à droite, qui ne semble pas faire partie de leur groupe d’amis, mais avec qui M et son ami discutent distraitement.  Pour annoncer mon arrivée, je me glisse derrière M qui s’exerce à quelques rares pas de danse, colle mon ventre contre ses fesses et me laisse aller au même rythme que lui.  M tourne alors les yeux vers moi et son visage s’éclaire d’un sourire sincère, nos lèvres s’effleurent puis c’est l’accolade.  Avec un air coquin, les yeux plantés dans les siens, je lui prends son verre des mains et avale une gorgée de son vodka soda.  Beurk, trop fort.  Je commande un gin tonic au barman.  On jase un peu, on se colle, on danse.  Rien de déplacé, juste du bon vieux flirt.  On a jamais grand chose à se dire, tout se passe dans l’attitude, je dirais.

Quelques minutes plus tard, je sens un regard insistant et tourne la tête.  Une femme nous regarde avec insistance, accoudée au bar aux côtés d’autres personnes.  Je peux presque sentir sa jalousie me souffler au visage.  Elle est très jolie, je dois l’avouer, une belle grand brune, mince.  Je lui donne dans la fin trentaine environ, dur à dire parfois à cet âge.  J’apprendrai plus tard qu’elle a 40 ans et qu’elle est dentiste à Granby.  Un bon parti pour toi, dis-je à M avec un clin d’oeil.  Il hausse les épaules et marmonne quelque chose d’inintelligible.  Je n’ose pas lui dire qu’à 40 ans, elle est un peu veille pour lui faire les enfants dont il rêve.

À chaque mouvement que M fait vers moi, j’essuie un regard assassin de la Dentiste.  C’est qu’elle est féroce on dirait!  Tranquillement, elle profite du fait que je discute avec quelqu’un d’autre pour se rapprocher de M.  Elle lui susurre à l’oreille.  Son non-verbal veut tout dire.  La façon dont elle bouge la tête, son rire, ses mains baladeuses.  Elle est en mode flirt, big time.  J’ai le sentiment qu’ils se sont déjà rencontrés auparavant ou du moins, qu’il se sont rencontrés en tout début de soirée, car ils ont l’air familiers.  Puis soudain, sans crier gare, elle passe les bras à son cou et l’embrasse.  Je lève un sourcil, surprise et amusée.  Tiens tiens, j’ai de la compétition ce soir et c’est ouvertement que ça se passe!  Wooooohhoouuu!

Je guette la réaction de M.  Bien entendu, il se laisse faire et met ses mains sur les hanches de la Dentiste.  Je souris et je me dis que dans le fonds, il faut bien qu’un jour il trouve quelqu’un avec qui faire sa vie.  Et moi aussi par le fait même.  On sait tous les deux qui lui et moi, on n’est pas fait pour être ensemble.  J’ai fait la paix avec ça il y a bien longtemps.  Alors si la Dentiste fait son affaire, pourquoi est-ce que je ferais du trouble?

Le reste de la soirée passe rapidement.  M partage son temps entre la Dentiste et moi, n’oubliant jamais de venir faire son tour à intervalles réguliers.  Sans oublier non plus son fameux signature move.  Cette cuisse de joueur de hockey qu’il a le don de venir glisser gentilment entre mes deux jambes, pour me soulever de terre.  Juste un peu.  Juste assez pour me montrer ses intentions, me signifier qu’il me désire. 

À 3h15, la Dentiste est encore pendue après M et il ne semble pas près de la repousser.  Je juge alors que j’ai été assez patiente et je vais chercher mon manteau au vestaire.  Je me traite de niaiseuse dans ma tête.  Pourquoi est-ce que j’attendrais une minute de plus dans l’espoir qu’il me ramène à la maison au lieu d’elle?  C’est clair qu’il va la choisir, ça fait déjà une demi-heure qu’il lui parle et en plus, elle a l’air d’une vraie sangsue.  De toute façon, s’il ne veut pas que je parte, ce sera à lui de me retenir! 

Je m’étonne moi-même de ne ressentir aucune déception à l’idée de retourner toute seule chez moi, de simplement prendre ma voiture et de m’en aller, sans plus.  Pourtant, j’avais tellement envie de le voir ce soir-là et malgré celà, j’étais en paix avec le fait qu’il en préfère une autre.  Il ne me doit rien et je ne lui dois rien non plus.  J’imagine que c’est la beauté de notre relation, si on peut appeler ça comme ça.

Étonnement, il reste encore beaucoup de gens dans le bar malgré l’heure tardive, personne ne semblait être vraiment pressé de sortir pour aller greloter dehors.  J’enfile mon manteau, redresse fièrement les épaules, dis aurevoir à l’ami de M (qui essait désespérément de me faire comprendre qu’il voudrait bien me revoir) et file vers M qui a encore la Dentiste collée à lui.  Je lui fais mon plus beau sourire, hoche la tête et lui souhaite de passer une belle soirée tout en l’embrassant sur les deux joues.  Je le vois surpris pendant une seconde, puis il arbore un air de profonde indifférence, fidèle à son habitude de ne pas montrer ses émotions.  Polie comme je suis, je prends même la peine de dire aurevoir à la Dentiste qui me lance un regard foudroyant sans même prendre la peine de me répondre.  J’étouffe un rire et me dirige vers la sortie.

Dehors, il fait un froid de canard et je marche d’un pas rapide vers ma voiture, stationnée pas très loin de là, sur Coloniale.  Alors que je roule en voiture sur Sherbrooke, je reçois un message texte.

M texte : Well, that was fast!

Moi texte : Oh well, you were very busy ;)

M texte : Where are you?

Moi texte : In my car, nearby.

M texte : Meet me in Verdun? 

Moi texte : Deal.

VICTOIRE!!!!!!!!!!

Cette nuit est la dernière que nous avons passée ensemble.  Sûrement notre dernière à vie, même.  Who knows?  Je dois dire que les événements qui ont suivi m’ont fait remettre en question beaucoup de choses, en particulier ce que je ressentais pour lui et comment notre relation affectait ma vie de façon négative.  Depuis, nous avons bouclé la boucle, nous avons mis les choses au clair entre nous - du moins je le crois - et je me sens beaucoup plus légère.  Ça fait du bien de faire un ti-peu de ménage de temps en temps, de passer à autre chose.  Mais reste qu’il va toujours rester mon Mr. Big à moi!  L’homme inaccessible.

 

One Response to “Caroline = 1 / Femme de 40 ans = 0”

  1. La fin de Monsieur M « Caro de feu! Says:

    [...] la bouche grande de stupéfaction, n’en croyant pas mes oreilles.  Quoi?  La Dentiste?  La fille de 40 ans qu’il avait flushée un certain soir de décembre pour pouvoir coucher [...]

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