Avant que j’oublie – car c’est le genre de truc qui passe à la postérité – je dois raconter un coup dont je suis particulièrement fière… Vous savez, quand il y a un événement que vous ne voulez pas manquer, mais que vous avez un soudain conflit d’horaire qui ne vous enchante pas du tout? Eh bien voilà, ça m’est arrivé il y a de ça quelques semaines. C’était durant la première semaine de février. Oui oui je sais ça fait un bout, ne me lapidez pas! hahaha J’avais juste jamais le temps de finir ce sacré texte!
Mon patron a demandé aux cadres (dont je fais partie) d’aller souper un certain jeudi soir pour parler business. D’habitude, ça veut dire bon resto (souvent sur St-Laurent), bonne bouffe, bon vin et le tout sur le bras du boss. Jamais très amusant, puisque la conversation tourne autour du marché immobilier, les clients et tout autre bla bla bla de bureau. Bref, le seul plaisir que j’ai est de m’enfiler martini après martini et de ne pas regarder le montant de la facture finale. J’ai accepté l’invitation sur le champ sans réfléchir trop trop, n’ayant rien de mieux à faire ce soir-là.
Mais soudain, paf, une invitation à souper circule pour la fête à mon cher ami Coco! Un souper relativement intime, nous serions à peine dix de ses plus proches amis (considérant que d’habitude, on est toujours 30 dans des soupers de fête). Et ô joie, toutes les personnes avec qui je m’entends le mieux seront là. L’endroit? Le restaurant la Milsa, charmant resto brésilien qui sert des grillades à volonté. Ça faisait super longtemps que je voulais y aller, car j’en avais entendu beaucoup parlé et comme toute bonne fan de viande, eh bien, j’en salivais déjà. Quand? Jeudi soir. Jeudi??? Shit… Et je suis déjà bookée. Re-shit.
Je suis au bureau quand je réalise mon soudain conflit d’horaire. Mon cerveau travaille vite vite vite. J’ai presque de la fumée qui me sort du derrière de la tête. Il faut trouver une solution! Je ne peux PAS manquer la fête à Coco. C’est tout simplement inacceptable! On va bien manger, on va rire, on va boire, ça va être le party et en plus, c’est dans un restaurant qui me tente. Je ne peux juste PAS me faire à l’idée que pendant que MOI, je serai en train de parler avec un air sérieux d’affaires et de ventes avec mon patron, EUX seront à moitié saouls en train de rire, de parler fort et de manger de la viande grillée. Je veux y être!!! Quite à perdre des points auprès de mon boss en le décevant de la sorte. Si vous connaissiez mes amis, vous aussi voudriez être avec eux ce fameux jeudi soir et PAS avec votre boss!
Le petit hamster dans ma tête court vite et finalement, je prends mon courage à deux mains pour aller parler aux autres collègues invités. Avec un bel air de mal à l’aise, je leur explique mon conflit d’horaire tout en faisant bien attention d’exagérer la chose. Je suis d’habitude excellente pour convaincre les gens et les mettre de mon bord, alors vous pouvez être sûre que j’ai mis le paquet : le souper était planifié depuis des semaines… bla bla bla… j’avais complètement oublié… je ne peux pas manquer ça… bla bla bla… ce sont les 30 ans de mon ami (hahaha bullshit il a eu 34!)… tout le monde va être là… c’est un gros événement et patati et patata!
Mes gentils collègues ont accepté que je change l’horaire du souper, que j’en parle au patron pour voir ses autres disponibilités. Vendredi soir? Booké déjà. Jeudi ou vendredi midi? Bookés aussi. Finalement mon boss me dit : j’ai jeudi matin de libre, pour déjeuner, 8h. Et voilà, me dis-je! Parler d’affaires au déjeuner, ça se fait, non? Avec deux oeufs bacon et du café. On l’a déjà fait par le passé et pourquoi pas une autre fois?
Seul hic, mes collègues sont tous sauf matinaux – ils arrivent au bureau autour de 9h30 tous les matins – alors pour eux être au resto à 8h le matin est un exploit. Je suis certaine de me faire crucifier sur place lorsque je leur demande si le changement d’horaire leur convient et……. non c’est à ne pas y croire, ils acceptent! HOURRA! Je me rappelle encore à quel point mon coeur s’est rempli de joie quand j’ai pu répondre à Coco que je serais de la partie!
Inutile de vous dire que la soirée fût des plus mémorables… le genre de soirée où on se dit que ça fait des lunes qu’on a pas eu autant de fun. L’expérience au restaurant a été super et on s’est carrément gavé de viande, on roulait presque au milieu des litres de vin vides. Ensuite, direction McKibbins, sympathique pub situé juste en face du restaurant. Nous avons chanté en choeur avec les 2 musiciens qui étaient là le soir et qui jouaient toutes les chansons que l’on voulait, j’ai fait un show de danse avec Marie et une inconnue, on s’est enfilé des shooters de Jagermeister et des Irish Car Bombs (j’ai pas pu finir le mien, trop de Guinness, et Momo m’en veut encore au simple souvenir du Bailey’s caillé dans la bière… quel gaspillage!) et on a fini par avoir mal aux joues à force de chanter et de rire.
Résultat? J’ai dormi 4h cette nuit là et je suis rentrée au bureau le lendemain avec un sale gueule de bois. C’est très rare que ça m’arrive durant la semaine, mais lorsque l’occasion s’y prête, c’est priceless. Et est-ce que j’ai regretté de ne pas avoir été souper avec mon boss? Ooooohhhh que non!