Guillaume est mon plus vieil ami. Pas dans le sens “âgé”, mais dans le sens que je me tiens avec lui depuis l’âge de 16 ans, ce qui est exceptionnel dans mon cas, car je ne suis pas restée en contact du tout avec mes amis du primaire et secondaire. Allez savoir pourquoi. Guillaume et moi nous sommes rencontrés dans le cours de mathématique donné par Soeur Gisèle – la soeur qui changeait de vêtement une fois par semaine, yark! -, en secondaire 5. Nos pupitres étaient côte à côte et Soeur Gisèle nous avait mis ensemble pour faire des petits travaux d’équipe. Tout de suite, j’ai sympatisé avec ce garçon aux longs cheveux blonds – je le trouvais tellement laid, il avait l’air d’une fille, jusqu’à ce que quelques mois plus tard il se fasse ENFIN couper les cheveux . On s’amusait à réciter par coeur les albums de François Perrusse et à imiter Soeur Gisèle en riant aux larmes. J’avais trouvé quelqu’un qui avait exactement le même sens de l’humour que moi. Une grande amitié était alors née!
À 16 ans pile, Guillaume a eu son permis de conduire et on passait tous nos soirs de semaine à rouler dans la vieille BMW 318, M.Y. 1983, à drifter dans la neige ou simplement brûler du gaz. Guillaume est encore à ce jour un maniaque de voiture, un pilote hors pair et une encyclopédie ambulante sur tout ce qui a un moteur. Ça a bien sûr déteint sur moi et je lui dois toutes les fois où j’ai impressionné un mec en sachant très bien drifter dans la neige sans jamais perdre le contrôle, en faisant du “rev matching” ou bien en parlant que je savais installer moi-même un cold air intake. J’ai fait mes premiers road trips avec lui, en écoutant du bon vieux Roxette, du Abba et Def Leppard. Guillaume est un grand quétaine musical et je deviens quétaine aussi quand je suis en voiture avec lui. On chante et on fait des “move” de bras au rythme des chansons. J’écris ça et je nous trouve un peu pathétique… hahaha
Guillaume m’a carrément enseigné que partir à l’aventure ne prend pas nécessairement des semaines de préparation. Suffit de se lever un samedi matin et d’avoir le goût de partir, point à la ligne. Moi qui m’en faisait tellement avec la vie à l’époque, moi que le moindre détail stressait au plus au point, j’ai appris à relaxer et à laisser les choses aller. Prendre ça à la légère. À avoir du plaisir pur sans me casser la tête. Je pense qu’il n’a aucune idée à quelle point la fille que je suis devenue aujourd’hui, ma philosophie de vie et ma façon de voir les choses sont en grande partie grâce à lui.
Nos chemins se sont un peu séparés au cégep, alors que nous allions dans deux écoles différentes, mais nous sommes toujours restés en étroit contact. Jusqu’au jour où l’heure est arrivée d’entrer à l’université et que nous avons choisi le même baccalauréat. La joie!!! J’ai donc passé trois ans avec Guillaume et à prendre presque tous nos cours du bac ensemble et à niaiser solide durant tout ce temps. On se demande régulièrement comment on a fait pour avoir notre diplôme avec un moyenne de A- tout en riant autant…
Guillaume et moi, c’est beaucoup l’humour qui nous unit. Un humour décadent, complètement non-politically correct et absurde. On dit le genre de choses qui offusqueraient la plupart de nos amis, on est bitch et méchant, mais sans jamais prendre rien de ce qu’on dit au sérieux. C’est juste pour rire et on ne s’en lasse pas. Je vous donne un exemple qui m’a fait extrêmement rire.
Hier soir, Guillaume me recevait chez lui, dans la nouvelle maison aquise tout récemment par lui et sa copine Évelyne. Nous venions de finir de manger et finissions de boire la bouteille de vin espagnol que j’avais achetée pour l’occasion. On parlait de plein de trucs et comme d’habitude, on sautait du coq à l’âne, car on avait juste trop de choses à se raconter. Puis pour une raison que j’ignore, on est venu à parler de prénoms d’enfants.
Moi : Personnellement, je ne suis plus capable d’entendre le nom Mathis. Ça fait genre 4-5 ans que TOUS les bébés garçons s’appellent comme ça. Les autres sont pas mieux, faut dire, ils s’appellent tous William ou Édouard. Tu vas dans un baptême et tu es assuré qu’il va y avoir au moins 3-4 bébés qui vont se faire baptiser avec le nom Mathis la même journée. Quand est-ce que les parents vont enfin comprendre qu’il est temps de trouver un autre nom à la mode?
Guillaume : Oh my God! Mathis! C’est tellement l’autoroute vers l’homosexualité!
Moi : Hein? L’autoroute vers l’homosexualité?
Guillaume : Un petit gars qui a ce nom-là peut pas devenir autre chose que gai! MATHIS, voyons! Il roule dans la voie de gauche de l’autoroute, le pied dans la panne, à 200 km/h et il y a une queue qui l’attend au bout de la route. Il a juste à ouvrir la bouche.
Moi : HAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA
J’en ri encore, c’est tellement joyeusement vulgaire! Désolée pour ceux qui s’offusquent facilement.
Wow ça l’air d’une belle amitié que tu vis là avec ton ami..
ET pour ce qui est de Mathis, franchement, c’est con. Mon neveu s’appelle de même pis y fait pas gai du tout. Il a les cheveux blonds, a demandé à sa mère s’il pouvait les teindre roses, il adore porter des bracelets qui font gueling gueling pis quand je me maquille, il me demande toujours s’il peut m’emprunter du rouge à lèvres. Franchement là, chu déçue de voir comment tu peux rire de ça.. Euhhhhhhhhhhhhh mouhahahahahahahaha
@ Heinquoi : je suis contente de voir que tu prends ma joke sur Mathis avec un grain de sel! Car c’est pas fait pour être pris au pied de la lettre
Pauvre neveu…. hahahaha!